Je dévore !
Une faim insatiable ! Je me sens comme celui qui a passé un mois à manger du céleri en voyant chaque jour d’appétissants gâteaux, des succulents plats, des mets dont il n’a aucune idée de la saveur.
Alors je dévore comme un affamé – toutefois sans me gaver – appréciant des sensations oubliées.
Enfin, j’ai pu arrêter la fastidieuse lecture que l’on nous avait imposée pour revenir aux sucreries dont je raffole : romans jeunesses, romans d’Amélie Nohtomb, romans fantastiques…
Je revis redécouvrant le plaisir de lire, emporté par les mots de l’écrivain, par la mélodie des mots que l’on prononce dans sa tête et qui nous emmènent dans le désert du Xinjiang, au pied d’Helgrind ou à Mortes-Frontières. Les histoires ne sont pas toujours heureuses, les personnages pas toujours beaux mais il y a ce qui est le plus important pour moi dans un livre : l’action.
Il faut que les choses bougent. Les descriptions ont leur charme mais elles ne font pas tout, il y a besoin d’une histoire derrière, d’une évolution. La nature humaine, la nature même n’est pas faite pour un long état de fait mais pour le changement, la métamorphose et la transformation des choses.
Tendance naturelle que l’on observe au quotidien comme dans l’histoire, la mutation est la clé. Et un roman a ce besoin que l’histoire évolue, qu’elle bouge.
Proust est peut être un bon auteur, mais en fermant son livre, c'est-à-dire des dizaines de pages lues –parfois relues à causes de somnolences passagères – on se dit : « mais qu’est-il arrivé dans ce livre ? » Force est de le constater je n’arrive pas à dire ce qui s’est passé dans le livre.
Je peux vous parler de l’église, de sa vieille tante, du rituel du samedi mais en aucun cas je ne pourrais vous dire ce qui est arrivé au héros.
Hors ne serait-ce pas pour cette raison que 99,99% des gens qui lisent Du côté de chez Swann ne le font que contraints ? J’avoue ne pas comprendre en quoi c’est un chef-d’œuvre. Je ne remets pas en doute le fait qu’il puisse en être un, mais pour moi non. Pour moi un chef-d’œuvre est un livre qui plaît à tous.
Alors j’adresse ce message à tous ceux qui doivent et devront lire Proust : Courage ! Car quand il sera fini, vous pourrez retourner à vos livres préférés. A la façon d’un régime, cette contrition est nécessaire d’un point de vue social, on le fait pour les autres plus que pour nous.
(PS : essayez de deviner quels livres j'ai lus juste après)
6 mars 2010
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