Le froid est à sa façon douloureux, mais il arrive un moment où les sens s'évanouissent, un état où l'on ne ressent plus rien. On est vide, sans chaleur, sans vie - mort? - mais on continue à bouger, à agir.
Mais l'avantage de cet état, c'est qu'on ne ressent plus aucune douleur - totalement anesthesié dans le corps comme dans l'esprit - et on a là, sinon un état de béatitude, au moins un moyen de fuir.
Car il y a plus douloureux que d'avoir froid. C'est de connaître la chaleur, la douceur de deux bras chauds qui vous entourent et vous cajole, pour ensuite retomber dans le froid.
Se sentir seul, isolé entre des congères...
Mais heureusement il arrive un moment où les murs de glace se referment, où la douleur disparaîtra pour laisser place au vide, au néant.
Le seul inconvénient - ou avantage - c'est que plus ces murailles de glace sont épaisses, plus il est difficile pour le prince charmant de les percer pour venir nous sauver et nous faire connaître la chaleur, une fois encore.
Et le pire dans cette histoire, c'est qu'il m'est impossible d'aller jusqu'au dernier stade - celui de la délivrance, le suicide sensitif - parce que comme des étoiles, quelques petits points empêchent les murailles de se refermer. Et je crois que j'en suis heureux...
6 mai 2010
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